Votre lettre, mon bon ami, m’a comblé de plaisir, et je suis charmé de pouvoir enfin vous revoir, pour vous assurer de toute mon amitié, et de ma reconnaissance.
Bien loin de regretter les commodités que je laisse ici, je me fais une fête d’occuper un petit coin chez un de mes bons amis, pour le seul plaisir dêtre avec lui.
Je partirai d’ici dimanche, ou lundi prochain, mais je vous écrirai encore pour vous annoncer positivement le jour ou j’arriverai à Paris.
En attendant, je vous prie de dire à Bernard de faire transporter chez vous mon lit, ma lampe, l’huche mon secrétaire, et mes deux bibliothèques, avec ce qu’il y a dedans. Et quelques chaises, ou fauteuils, dans le cas ou il n’y en aurait pas dans la pièce que vous me destinez.
Vous n’oublierez pas non plus de faire transporter le bois qui est à la cave, si toutefois j’en ai encore, ce que je ne sais pas.
N’oubliez pas toujours, en attendant de louer mon logement, si vous le pouvez, quand même j’y devrais garder tous cent livres.
Adieu, milles choses de ma part à votre aimable épouse en attendant que j’aye le plaisir de lui dire de vive voix tout ce que l’amitié et l’estime me font sentir pour elle.
Adieu, je vous embrasse de tout mon coeur
votre ami