Da Georgette Ducrest, Mémoires sur l’impératrice Joséphine:
“Monsieur Spontini vint passer quelques jours à Navarre. Nous avions ses partitions de La Vestale et de Fernand-Cortès, que nous chantions tant bien que mal. Monsieur de Monaco jouant bien du piano, pour un amateur, était notre accompagnateur avant l’arrivée de Monsieur Spontini; il céda la place au compositeur des deux beaux ouvrages sur lesquels nous nous étions étudiés. La peur que nous eûmes en chantant devant lui, nuisit, je crois, beaucoup à notre ensemble: ce qui ne l’empêcha pas de nous dire, avec une franchise tout italienne, que nous chantions à merveille. Monsieur de Monaco n’aimait beaucoup que la musique qu’il faisait: aussi trouvait-il que les louanges exagérées de Monsieur Spontini n’étaient que justes, appropriées à nos talents: électrisé par elles, il criait les choeurs plus que de coutume; insensiblement entraînés par son exemple, nous faisions de même, c’était une véritable cacophonie. Comme il y avait peu de dilettanti qui ne fussent employés, tout le monde était satisfait; aussi recommençâmes-nous si souvent, qu’il y avait de quoi dégoûter à jamais de ces deux opéras, si on pouvait l’être de deux chefs-d’oeuvre. Malgré le mode du rossinisme, que je suis de loin, je persisterai toujours à dire que lorsqu’on entendra chanter La Vestale et Fernand autrement que nous ne faisions, ils auront un succès d’enthousiasme.”